Soins médicaux

Qu’est-ce qu’un arrêt cardiaque ? Définition, causes, symptômes et conduite à tenir

4 juillet 2026 11 min de lecture
Publié le 4 juillet 2026 par Sérévie Elyna : date de mise à jour de l'article 24 juillet 2026

Chaque année, des dizaines de milliers de personnes sont victimes d’un arrêt cardiaque hors de l’hôpital. En France, on estime ce chiffre à environ 50 000 cas annuels, avec un taux de survie qui reste dramatiquement bas, souvent inférieur à 10 %. Pourtant, une intervention rapide et adaptée peut doubler, voire tripler les chances de survie. Comprendre ce qu’est un arrêt cardiaque, comment le reconnaître et comment réagir est donc une connaissance qui peut littéralement sauver une vie.

Définition précise de l’arrêt cardiaque

Un arrêt cardiaque correspond à l’arrêt brutal et soudain de l’activité mécanique du cœur. Concrètement, le cœur cesse de se contracter efficacement et n’assure plus son rôle de pompe : la circulation du sang s’interrompt dans tout l’organisme. Privés d’oxygène et de nutriments, les organes vitaux, en premier lieu le cerveau, commencent à subir des dommages irréversibles en quelques minutes à peine.

Il est important de distinguer l’origine de cet arrêt : il est dit électrophysiologique, c’est-à-dire qu’il résulte d’un dysfonctionnement électrique du rythme cardiaque. Le cœur ne reçoit plus les impulsions électriques coordonnées qui lui permettent de se contracter normalement. Il entre alors dans un état de fibrillation ventriculaire (contractions anarchiques et inefficaces) ou s’arrête totalement (asystolie).

L’arrêt cardiaque n’est pas une maladie autonome : il est presque toujours la manifestation brutale d’une pathologie sous-jacente, souvent cardiaque, parfois extérieure au cœur. C’est cette distinction qui oriente à la fois la prévention et la prise en charge.

Arrêt cardiaque et crise cardiaque : deux urgences différentes

Illustration médicale du cœur en gros plan, crise cardiaque et santé cardiovasculaire

La confusion entre arrêt cardiaque et crise cardiaque (infarctus du myocarde) est extrêmement répandue. Ces deux situations constituent des urgences médicales distinctes, même si l’une peut conduire à l’autre.

La crise cardiaque, ou infarctus du myocarde, survient lorsqu’une artère coronaire se bouche, privant une partie du muscle cardiaque d’oxygène. La personne reste généralement consciente, se plaint de douleurs thoraciques intenses, de sueurs, d’essoufflement. Le cœur continue de battre, mais une zone du muscle meurt faute d’irrigation.

L’arrêt cardiaque soudain, lui, est une perte totale de la fonction de pompe du cœur : la personne s’effondre brutalement, perd conscience, ne réagit plus aux stimulations verbales ni douloureuses, et ne respire plus normalement. C’est précisément une crise cardiaque sévère qui peut déclencher un arrêt cardiaque : l’ischémie provoque des troubles du rythme ventriculaire graves qui aboutissent à la fibrillation ventriculaire.

Les principales causes d’un arrêt cardiaque

Schéma anatomique détaillé de l'intérieur d'un cœur humain montrant une crise cardiaque

Chez l’adulte, la cause la plus fréquente reste la maladie cardiaque, notamment les syndromes coronariens aigus. On estime que l’infarctus du myocarde est à l’origine de près de 80 % des arrêts cardiaques. Mais d’autres pathologies peuvent également en être responsables :

  • L’infarctus du myocarde : une artère coronaire se bouche, déclenchant une fibrillation ventriculaire fatale sans intervention rapide.

  • Les cardiomyopathies : hypertrophie du cœur, dysplasie arythmogène du ventricule droit, cardiomyopathie dilatée. Ces maladies fragilisent le muscle cardiaque et prédisposent aux troubles du rythme graves.

  • Les troubles du rythme cardiaque primitifs : syndrome de Brugada, QT long congénital, fibrillation ventriculaire idiopathique. Ces anomalies électriques peuvent provoquer un arrêt cardiaque soudain même chez des sujets jeunes apparemment en bonne santé.

  • L’insuffisance cardiaque sévère : un cœur très affaibli peut perdre toute efficacité de manière brutale.

  • Les causes extra-cardiaques : électrocution, noyade, étouffement, traumatisme grave, intoxication médicamenteuse ou consommation de drogues récréatives, détresse respiratoire sévère. Dans ces cas, c’est l’arrêt respiratoire qui précède et provoque l’arrêt cardiaque.

  • Les cardiopathies congénitales : elles concernent notamment les nourrissons et les enfants, chez qui l’arrêt cardiaque présente des profils étiologiques différents de l’adulte.

Une donnée épidémiologique importante : aux États-Unis, plus de 300 000 arrêts cardiaques surviennent hors de l’hôpital chaque année, dont environ 5 000 chez des nourrissons et des enfants. La mortalité dépasse 90 % sans intervention précoce.

Qui est le plus à risque ?

Certains profils présentent un risque significativement plus élevé de subir un arrêt cardiaque soudain. Les facteurs de risque classiques de la maladie cardiaque s’appliquent en premier lieu : hypertension artérielle, diabète, hypercholestérolémie, tabagisme, obésité et sédentarité augmentent le risque d’infarctus et donc d’arrêt cardiaque.

Les personnes ayant déjà survécu à un arrêt cardiaque ou à un infarctus sont plus exposées à une récidive. De même, les antécédents familiaux de mort subite ou de troubles du rythme graves doivent alerter. Certaines maladies cardiaques héréditaires, comme le syndrome du QT long ou la cardiomyopathie hypertrophique, augmentent considérablement le risque, y compris chez les sportifs jeunes.

Chez les jeunes athlètes, la mort subite sur le terrain est souvent liée à une cardiopathie non diagnostiquée. C’est pourquoi les bilans de santé sportifs incluent désormais un électrocardiogramme (ECG) dans de nombreux pays.

Les symptômes : comment reconnaître un arrêt cardiaque

Cœur rouge traversé par un éclair illustrant une crise cardiaque

Reconnaître rapidement un arrêt cardiaque est capital car chaque minute sans circulation sanguine aggrave les lésions cérébrales. Les signes caractéristiques sont :

  • Effondrement soudain : la personne s’écroule brutalement, sans raison apparente.

  • Perte de conscience complète : elle ne répond ni aux appels, ni à une stimulation douloureuse (pincement du lobe de l’oreille, par exemple).

  • Absence de respiration ou respiration anormale : le thorax ne se soulève plus, ou l’on observe un gasping (respiration agonique bruyante et irrégulière). Ce signe est particulièrement trompeur car le gasping peut être confondu avec une respiration normale.

  • Absence de pouls palpable : aucune pulsation détectable au niveau du cou (artère carotide). Toutefois, pour les non-professionnels, la recherche du pouls peut faire perdre un temps précieux et n’est pas recommandée avant de commencer les manœuvres de réanimation.

Dès que ces signes sont présents, il faut agir immédiatement. Chaque minute d’inaction réduit les chances de survie d’environ 10 %. Au-delà de 5 minutes sans réanimation, les lésions cérébrales deviennent irréversibles. Au-delà de 10 à 12 minutes, le décès est quasi inévitable sans défibrillation.

La chaîne de survie : les gestes qui sauvent

Face à un arrêt cardiaque, la réponse doit suivre une séquence précise, connue sous le nom de chaîne de survie. Chaque maillon est indispensable et le délai entre chacun doit être réduit au minimum.

  • 1. Alerter les secours immédiatement : composer le 15 (SAMU), le 18 (pompiers) ou le 112 (numéro européen). Crier pour qu’un passant apporte un défibrillateur automatique externe (DEA).

  • 2. Pratiquer la RCP (réanimation cardio-pulmonaire) sans délai : 30 compressions thoraciques profondes (environ 5 à 6 cm) au rythme de 100 à 120 par minute, alternées avec 2 insufflations bouche-à-bouche si on est formé. La RCP maintient artificiellement une circulation du sang minimale vers le cerveau et les organes vitaux.

  • 3. Utiliser un DEA dès qu’il est disponible : le DEA analyse le rythme cardiaque et délivre un choc électrique pour tenter de resynchroniser le cœur. Son utilisation est possible par tout le monde, même sans formation, grâce aux instructions vocales intégrées. La défibrillation précoce est le facteur pronostique le plus déterminant dans les cas de fibrillation ventriculaire.

  • 4. La prise en charge médicale avancée : à l’arrivée des secours professionnels, les manœuvres de réanimation sont poursuivies et renforcées (intubation, médicaments, etc.).

  • 5. La prise en charge hospitalière post-arrêt : une fois la circulation rétablie, la personne est hospitalisée en soins intensifs pour traiter la cause de l’arrêt et prévenir les complications neurologiques.

Il est démontré que la pratique de la RCP par un témoin et l’utilisation rapide d’un DEA peuvent multiplier par deux les chances de survie. Pourtant, en France, moins de 40 % des témoins réalisent une RCP avant l’arrivée des secours.

Le rôle du DEA (défibrillateur automatique externe)

Le DEA est un appareil portable conçu pour être utilisé par n’importe quel citoyen, sans formation médicale préalable. Il analyse automatiquement le rythme cardiaque de la victime et détermine si un choc électrique est nécessaire. Il ne délivre le choc que si le rythme détecté est une fibrillation ventriculaire ou une tachycardie ventriculaire sans pouls, les deux arythmies les plus fréquentes lors d’un arrêt cardiaque soudain.

La loi française impose depuis 2018 l’installation de DEA dans de nombreux lieux publics : gares, aéroports, centres commerciaux, établissements sportifs, administrations. Des applications mobiles permettent aujourd’hui de localiser le DEA le plus proche en temps réel. Connaître l’emplacement des défibrillateurs dans son quartier ou son lieu de travail est un réflexe simple qui peut faire toute la différence.

Conséquences et pronostic après un arrêt cardiaque

Même lorsque la réanimation est un succès et que la circulation du sang est rétablie, les suites d’un arrêt cardiaque peuvent être lourdes. Les lésions cérébrales liées à l’anoxie (manque d’oxygène) sont la principale source de séquelles. Selon la durée et les conditions de l’arrêt, ces séquelles peuvent aller de légères difficultés cognitives à un état végétatif persistant.

Sur le plan cardiaque, des dispositifs comme le défibrillateur implantable (DAI) peuvent être posés pour prévenir les récidives chez les personnes à risque élevé. Un suivi cardiologique rigoureux est systématiquement mis en place pour identifier et traiter la cause sous-jacente.

La réadaptation cardiaque joue également un rôle central dans le rétablissement : elle associe réentraînement physique progressif, soutien psychologique (l’état de stress post-traumatique est fréquent chez les survivants et leurs proches) et éducation thérapeutique pour modifier les facteurs de risque modifiables.

Prévention : réduire le risque d’arrêt cardiaque

Si certaines causes d’arrêt cardiaque échappent à toute prévention (anomalies électriques congénitales, par exemple), un grand nombre de cas peuvent être évités en agissant sur les facteurs de risque cardiovasculaires :

  • Contrôler la tension artérielle et le taux de cholestérol avec un suivi médical régulier.

  • Arrêter le tabac, réduire la consommation d’alcool.

  • Maintenir un poids de forme et pratiquer une activité physique adaptée, de manière régulière.

  • Bien équilibrer un diabète éventuel.

  • Consulter rapidement dès l’apparition de symptômes évocateurs : douleur thoracique, essoufflement inhabituel, palpitations, malaises.

  • Se former aux gestes de premiers secours, notamment à la RCP et à l’utilisation du DEA. Des formations courtes (2 heures) sont accessibles à tous dans de nombreuses villes.

La prévention passe également par le dépistage des maladies cardiaques silencieuses, en particulier chez les sportifs et les personnes présentant des antécédents familiaux de mort subite.

Questions fréquentes

Un arrêt cardiaque fait-il mal ?

Non, dans la très grande majorité des cas. La perte de conscience est quasi immédiate, en quelques secondes. La victime ne ressent généralement pas la privation d’oxygène qui s’ensuit. C’est une différence majeure avec la crise cardiaque, souvent douloureuse, lors de laquelle la personne reste consciente.

Peut-on survivre à un arrêt cardiaque sans séquelles ?

Oui, c’est possible, notamment lorsque la réanimation est commencée très rapidement et que le rythme cardiaque est rétabli en moins de 3 à 4 minutes. Plus l’intervention est précoce, meilleures sont les chances de récupération neurologique complète. Des témoins formés aux gestes de premiers secours et un DEA disponible rapidement sont les deux facteurs qui font le plus de différence.

Les enfants et les nourrissons peuvent-ils faire un arrêt cardiaque ?

Oui. Chez les nourrissons et les enfants, l’arrêt cardiaque est souvent d’origine respiratoire (étouffement, noyade, bronchiolite sévère) plutôt que cardiaque primaire. Les techniques de RCP sont adaptées à leur morphologie (compressions plus légères, rapport différent). La mort subite du nourrisson constitue également une entité à part, liée à des mécanismes encore partiellement incompris.

Quelle est la différence entre fibrillation ventriculaire et arrêt cardiaque ?

La fibrillation ventriculaire est le mécanisme électrique le plus fréquent de l’arrêt cardiaque : les ventricules se contractent de manière anarchique et inefficace, sans éjecter de sang. L’arrêt cardiaque est le terme clinique qui désigne la conséquence de ce dysfonctionnement électrique : absence de pouls, absence de circulation. La fibrillation ventriculaire est la principale cible du DEA, qui tente de resynchroniser l’activité électrique cardiaque par un choc électrique.

Sérévie Elyna

Spécialiste en bien-être holistique, formée aux techniques de relaxation, respiration et nutrition intuitive. Elle met à profit plus de 12 ans d'expérience pour proposer des conseils pratiques visant à retrouver équilibre, énergie et sérénité au quotidien.